Aller au contenu principal
Gynécologie · Douleur pelvienne chronique et endométriose · Barcelone
Dr Lara Quintas Gynécologie · Barcelone — aller à l'accueil
Domaine d'expertise

Douleur pelvienne chronique

Une douleur pelvienne qui évolue depuis plus de six mois. Elle a rarement une seule cause et ne s'explique presque jamais par un seul examen d'imagerie.

Symptômes évocateurs

  • Douleur continue ou intermittente dans le bas-ventre, le pelvis ou le périnée
  • Douleur qui s'aggrave pendant les règles, à l'effort ou en fin de journée
  • Douleur pendant ou après les rapports sexuels (dyspareunie)
  • Brûlure, pression ou sensation de corps étranger au niveau de la vulve ou du vagin
  • Douleur en urinant ou urgenturie sans infection démontrée
  • Douleur à la défécation, constipation ou alternance avec des diarrhées
  • Douleur qui irradie vers l'aine, la face interne de la cuisse ou la région lombaire
  • Aggravation en position assise prolongée

Il n'est pas nécessaire d'avoir tous les symptômes. Si vous en avez deux ou trois qui retentissent sur votre vie, cela vaut la peine de faire un bilan.

Qu'est-ce que la douleur pelvienne chronique ?

On parle de douleur pelvienne chronique lorsque la douleur localisée dans le pelvis, le bas-ventre ou le périnée dure plus de six mois et retentit sur la vie quotidienne : le travail, le repos, l'activité physique ou les rapports sexuels.

La différence fondamentale avec la douleur aiguë, c'est qu'ici il ne suffit pas de trouver une lésion et de l'enlever. Lorsque la douleur persiste pendant des mois ou des années, plusieurs mécanismes coexistent généralement : une cause gynécologique sous-jacente (endométriose, adénomyose), une musculature du plancher pelvien hypertonique et douloureuse, un nerf irrité, un intestin ou une vessie hypersensibles et un système nerveux central qui amplifie les signaux de douleur (sensibilisation centrale).

C'est pourquoi une patiente peut avoir une échographie et une IRM normales et souffrir pourtant d'une douleur bien réelle, qui a une explication. Ce qui ne se voit pas à l'imagerie n'en existe pas moins.

Trois types de douleur qui peuvent coexister

L'Association internationale pour l'étude de la douleur (IASP) distingue trois mécanismes de douleur. Dans la douleur pelvienne chronique, il est fréquent qu'ils coexistent chez une même patiente :

  • Douleur nociceptive : elle est due à une lésion ou à une inflammation des tissus, comme les lésions d'endométriose. Elle s'améliore généralement lorsque la cause est traitée.
  • Douleur neuropathique : elle est due à une lésion ou à une irritation d'un nerf, comme le nerf pudendal. Elle est souvent décrite comme une brûlure, une crampe ou une décharge électrique.
  • Douleur nociplastique : elle apparaît lorsque le système nerveux traite la douleur de façon altérée, sans lésion qui l'explique entièrement. Son mécanisme principal est la sensibilisation centrale : le système nerveux amplifie les signaux de douleur et perd une partie de sa capacité à les freiner.

C'est en identifiant le type de douleur prédominant chez chaque patiente que l'on peut choisir le traitement adapté. Cette approche, appelée phénotypage de la douleur, est au cœur de ma recherche doctorale à l'Hospital Clínic.

Quelles sont les causes les plus fréquentes ?

En consultation, il est rare de trouver une cause unique : le plus souvent, il y en a plusieurs à la fois. Voici celles qu'il faut évaluer de façon systématique :

Principales origines de la douleur pelvienne chronique chez la femme
OrigineCe qui la provoqueIndice clinique typique
GynécologiqueEndométriose, adénomyose, fibromesLa douleur est clairement liée au cycle menstruel
Musculaire (myofasciale)Hypertonie et points gâchettes du plancher pelvien, de l'obturateur interne ou du releveur de l'anusDouleur reproduite à la palpation des muscles, douleur en position assise
NeuropathiqueSyndrome canalaire ou irritation du nerf pudendal, des nerfs cutanés abdominaux ou du nerf obturateurDouleur à type de brûlure, crampe ou décharge électrique dans un territoire précis
DigestiveSyndrome de l'intestin irritable, constipation chroniqueLa douleur varie avec la défécation ou l'alimentation
UrinaireSyndrome de la vessie douloureuse / cystite interstitielleUrgenturie et douleur au remplissage de la vessie, ECBU toujours négatifs
Sensibilisation centraleLe système nerveux amplifie les stimuli et abaisse le seuil de la douleurDouleurs diffuses, sommeil de mauvaise qualité, fatigue, fibromyalgie ou migraine associées

Pourquoi le diagnostic est-il si long ?

Parce que le parcours de soins habituel est conçu pour trouver des lésions, pas pour analyser les mécanismes de la douleur. Une patiente souffrant de douleur pelvienne chronique passe souvent par la gynécologie, la gastro-entérologie, l'urologie et l'orthopédie, et chaque consultation écarte la maladie propre à cette spécialité. Lorsque tous les examens reviennent normaux, la douleur finit fréquemment par être attribuée au stress ou à des facteurs psychologiques.

Le problème n'est pas que les examens soient mal faits, mais que la douleur musculaire, la douleur neuropathique et la sensibilisation centrale ne se voient sur aucun examen d'imagerie. Elles se diagnostiquent grâce à un interrogatoire ciblé et à un examen clinique qui inclut le plancher pelvien, ce qui n'est pas encore fait de manière systématique.

Quand une patiente me dit « on m'a dit que je n'avais rien », cela signifie presque toujours qu'on n'a rien trouvé de ce que l'on cherchait.

Comment nous l'évaluons en consultation

1. Interrogatoire ciblé

C'est la partie la plus longue de la première consultation et celle qui apporte le plus d'informations. Nous établissons une cartographie de la douleur : localisation, type, intensité, ce qui la déclenche et ce qui la soulage, lien avec le cycle, la miction, la défécation et les rapports sexuels, qualité du sommeil, traitements antérieurs et réponse à chacun d'eux.

2. Examen clinique complet

Il comprend l'examen de l'abdomen et de la paroi abdominale, l'examen gynécologique et, surtout, la palpation des muscles du plancher pelvien pour détecter une hypertonie et des points gâchettes, ainsi que des points d'émergence des nerfs concernés. Reproduire pendant l'examen la douleur que la patiente reconnaît comme la sienne est souvent la clé du diagnostic.

3. Échographie gynécologique experte

Échographie endovaginale ciblée sur la recherche d'endométriose profonde et d'adénomyose, qui évalue aussi la mobilité des organes et des compartiments pelviens. C'est un examen différent de l'échographie gynécologique de routine.

4. Des examens complémentaires seulement s'ils sont utiles

IRM, bilan urodynamique, évaluation digestive ou blocs diagnostiques guidés, selon ce que l'on suspecte. On ne prescrit pas d'examens « au cas où » : on les prescrit pour répondre à une question précise.

Traitement : par étapes et avec un suivi

Il n'existe pas de traitement unique de la douleur pelvienne chronique. Il existe en revanche un ordre d'intervention raisonnable selon les mécanismes qui prédominent dans votre cas.

  • Traitement médical de la cause gynécologique lorsqu'elle existe : contrôle hormonal du cycle en cas d'endométriose ou d'adénomyose, pour réduire la stimulation douloureuse répétée.
  • Rééducation pelvi-périnéale (kinésithérapie) spécialisée : c'est l'élément le plus souvent oublié et l'un de ceux qui améliorent le plus le pronostic lorsqu'il existe une composante myofasciale. Je travaille avec des kinésithérapeutes spécialisées et je coordonne le plan avec elles.
  • Traitement de la douleur neuropathique : médicaments modulateurs de la douleur, infiltrations ou blocs nerveux lorsqu'un territoire nerveux est clairement en cause.
  • Prise en charge de la sensibilisation centrale : éducation à la neuroscience de la douleur, hygiène du sommeil, activité physique progressive et, si besoin, soutien psychologique spécialisé dans la douleur chronique. Cela ne veut pas dire que la douleur est « psychologique » : il s'agit du traitement d'un mécanisme neurophysiologique réel.
  • Chirurgie : indiquée lorsqu'une lésion la justifie et après avoir optimisé les autres traitements. Opérer sans avoir compris le mécanisme de la douleur augmente le risque que la douleur persiste après l'intervention.

Le suivi n'est pas facultatif. La douleur chronique oblige à réévaluer ce qui fonctionne, à arrêter ce qui n'apporte rien et à ajuster les doses et les objectifs.

Illustration anatomique du plancher pelvien féminin
Schéma du plancher pelvien féminin en coupe sagittale, montrant les muscles et les structures impliqués dans la douleur pelvienne.

Questions fréquentes sur la douleur pelvienne chronique

J'ai mal depuis des années et tous mes examens sont normaux. Une nouvelle consultation a-t-elle un sens ?

Oui, si cette consultation apporte quelque chose de différent. Il ne s'agit pas de refaire la même échographie pour la quatrième fois, mais d'examiner le plancher pelvien, d'établir une cartographie de la douleur et d'évaluer s'il existe une composante myofasciale, neuropathique ou de sensibilisation centrale. Apportez tous vos comptes rendus antérieurs : ils servent justement à ne pas refaire ce qui a déjà été fait.

La douleur pelvienne chronique se guérit-elle ?

Dans de nombreux cas, la douleur peut être nettement réduite et il est possible de retrouver une vie normale ; chez certaines patientes, elle disparaît. Promettre une guérison garantie ne serait pas honnête. L'objectif réaliste est que la douleur cesse de dicter votre vie, ce que beaucoup de patientes obtiennent grâce à une prise en charge structurée et pluridisciplinaire.

Vais-je être opérée ?

Seulement s'il existe une indication claire et après avoir traité les autres composantes. Dans la douleur pelvienne chronique, une chirurgie mal indiquée peut ne pas améliorer la douleur, voire l'aggraver, car elle ajoute une nouvelle stimulation douloureuse à un système nerveux déjà sensibilisé.

Faut-il venir accompagnée à la première consultation ?

Ce n'est pas nécessaire, mais si cela vous aide à raconter votre histoire ou à retenir les informations, venez accompagnée. La première consultation est longue et beaucoup d'informations y sont échangées.

Bibliographie

  1. Lamvu G, Carrillo J, Ouyang C, Rapkin A. Chronic pelvic pain in women: a review. JAMA. 2021;325(23):2381-91. doi:10.1001/jama.2021.2631 · PubMed
  2. Kosek E, Cohen M, Baron R, et al. Do we need a third mechanistic descriptor for chronic pain states? Pain. 2016;157(7):1382-6. doi:10.1097/j.pain.0000000000000507 · PubMed
  3. Quintas-Marquès L, Valdés-Bango M, Box C, et al. Multidimensional evaluation of myofascial pelvic pain and other comorbidities in endometriosis patients. J Clin Med. 2025;14(10):3455. doi:10.3390/jcm14103455 · PubMed

Autres domaines liés

Où je consulte

Consultation privée et activité hospitalière publique

Je consulte en privé dans deux centres de Barcelone et je poursuis mon activité hospitalière publique à l'Hospital Clínic. Ce sont deux voies distinctes : en consultation privée, vous pouvez prendre rendez-vous directement ; à l'hôpital public, on accède sur orientation.

Consultation privée Prendre rendez-vous directement

Women's Clínica Ginecológica

Centre de spécialités en santé de la femme

Vía Augusta, 257 · angle Ronda General Mitre · 08017 Barcelona

+34 934 160 606

Du lundi au jeudi de 8 h 30 à 20 h 30 · Le vendredi de 8 h 30 à 15 h 00

Voir sur Google Maps

Activité hospitalière publique Système de santé public

Hospital Clínic de Barcelona

Unité d'endométriose

Gynécologue, médecin senior et responsable de la consultation douleur pelvienne chronique · Institut Clínic de Ginecologia, Obstetrícia i Neonatologia

C/ Villarroel, 170 · 08036 Barcelona

Voir sur Google Maps Site de l'hôpital

L'activité à l'Hospital Clínic de Barcelona relève du service public et ne permet pas de demander directement un rendez-vous : l'accès se fait par la voie habituelle du système de santé, sur orientation par votre médecin traitant ou par un autre spécialiste.

Ce site ne prend pas en charge les urgences

Si vous avez une douleur aiguë et intense, de la fièvre, des saignements abondants ou si vous êtes enceinte et que quelque chose ne va pas, n'attendez pas d'avoir un rendez-vous : présentez-vous aux urgences ou appelez le 112.